Le transport routier est un secteur qui ne cesse de croître. Ce sont 90% des denrées alimentaires qui transitent par la route. Parallèlement, les émissions totales de CO2 liées aux activités humaines devraient être d’environ 39 GtCO2 en 2020. Cette diminution de 7% par rapport à 2019 est largement explicable par la crise sanitaire du Covid-19.

Lorsque le transport routier va retrouver un niveau comparable à son état antérieur, les biocarburants peuvent-ils devenir une réponse appropriée pour réduire les GES ? Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ? D’autres solutions sont-elles envisageables ? Voyons cela en détail.

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Les avantages des biocarburants dans le transport

Largement encouragée par des directives européennes visant à limiter les émissions de CO2 dues au transport routier, la part des biocarburants devrait être de 14% à l’horizon 2030. Ces biocarburants de type essence ou gazole sont issus de sources végétales ou animales. Ils offrent des atouts pour le transport routier :

Des coûts moindres

Étant donné que ces biocarburants sont produits localement, dans des unités de production française, les coûts d’acheminement sont moins importants. Également, leurs coûts de production, que ce soit pour les essences de synthèse produites à partir de l’alcool ou pour le biogazole utilisant des huiles comme celle de palme principalement, peuvent être lissés.

Quant aux biocarburants de 3ème génération, à savoir ceux qui sont élaborés à partir des déchets et de la méthanisation, leurs coûts de production peuvent encore diminuer. Pour les entreprises de transport routier qui veulent optimiser leur trafic, c’est assurément un argument de poids afin de réduire leur facture d’énergie.

Cette image représente un tableau qui présente les 3 générations de biocarburants

Des énergies moins polluantes

Lorsque le carburant se consume, il libère des GES. En utilisant du biocarburant et grâce au phénomène de la photosynthèse, une partie est donc absorbée par les cultures. On considère par exemple que l’éthanol, qui participe à la fabrication de l’essence de synthèse, est neutre en carbone.

Comme la demande des transporteurs de disposer de sources d’énergies moins polluantes est en constante augmentation, c’est une pression bénéfique pour ce secteur des biocarburants. Non seulement son pourcentage peut augmenter régulièrement mais de nouvelles stations peuvent se développer afin de permettre un meilleur approvisionnement.

On peut constater que le secteur des biocarburants est innovant et que de nouvelles sources d’énergies sont utilisées. Avec une recherche orientée et des unités de production performantes, les biocarburants ont un avenir très prometteur.

Cette image est un tableau qui représente l'incorporation maximale des biocarburants selon le type de carburant

Quels sont leurs inconvénients majeurs ?

Il y a toujours un revers à la médaille. Pour les biocarburants, c’est le fait qu’ils restent marginaux.

Bilan énergétique contrasté

Des études le démontrent, les émissions de GES sont réduites de :

60 à 80% dans le cas de biodiesel produit à partir d'oléagineux comme le colza, le soja ou le palmier à huile ;

90% pour le biodiesel à base de déchets alimentaires avec les huiles usagées et les graisses animales).

50 à 70% pour la filière éthanol avec le bioéthanol ;

25 à 50% seulement grâce à l'ETBE (éthyl tertio butyl éther étant donné son mode de fabrication plus énergivore.

Si ces résultats sont plus qu’encourageants, ils doivent être modérés. En effet, le processus d'eutrophisation, à savoir la détérioration du milieu naturel et de toxicité humaine, dû à ces émissions est pratiquement équivalent à celui de l'agriculture conventionnelle. On constate qu’il est comparable à celui des produits phytosanitaires.

Pour ce qui est de la photo-oxydation, qui consiste à produire des oxydes d'azote et d'ozone, elle est variable en fonction des biocarburants et des véhicules. En conséquence, le bilan peut aussi bien être positif que négatif si l’on se réfère aux carburants fossiles. Les données sont encore trop récentes pour être parfaitement fiables.

Espaces de culture et limites

Il s’agit de l’éternel débat à savoir si les terres cultivables le sont pour l’alimentation ou pour le transport qui va servir à acheminer des denrées. Les directives européennes recommandent de limiter les surfaces dédiées à l’agriculture pour la fabrication de biocarburants à hauteur de 7%.

Comment peut-on surmonter ces inconvénients ?

Favoriser l'utilisation des déchets

Étant donné la limitation des biocarburants issus de l’agriculture, il est judicieux de se tourner vers les biocarburants de 3ème génération qui incorporent des déchets en grande quantité. La méthanisation est le procédé qui permet de les valoriser. 646 unités sont déjà opérationnelles en France mais des résistances restent vives face à cette production.

Cette image est une photo d'une culture de micro-algues, un biocarburant de 3e génération
Biocarburant 3e génération - Culture de micro-algues

Augmenter la production

Certains pays comme le Danemark par exemple, font preuve d’innovations en matière de recyclage des déchets organiques. Certains immeubles sont chauffés avec cette énergie. Ces expérimentations qui sont d’ores et déjà positives, pourraient être étendues afin de faire croître ce secteur de façon significative.

Les réticences à l’égard des biocarburants dans le transport routier semblent justifiées. Ils sont néanmoins une énergie plus favorable à l’environnement. Il convient à présent d’infléchir la recherche dans le sens de la valorisation des déchets.

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